Présentation générale du loup

Présentation générale du loup
Le loup est issus d'un carnivore commun qui parcourait la terre il y a environ 100 à 120 millions d'années. Ce mammifère aurait rejoint la Sibérie par l'Alaska (reliable alors pas le bas niveau de la mer) puis le nord de l'Eurasie. Il appartient à la famille des canidés, groupe de 38 espèces de mammifères comme le chien, le chacal, le coyote, le renard. En 1758, LINNE, naturaliste suédois, le baptise CANIS LUPUS.
Deu
x espèces sont reconnues: le loup gris ou Canis lupus (Amérique du Nord, Europe, Asie), et le loup roux ou Canis rufus (Texas et Sud-est des États-Unis).


Le loup n'est pas un solitaire endurci, un asocial convaincu, comme on s'est plu à l'affirmer jusqu'en 1938. C'est au contraire un animal social qui vit en meute.


De jeûnes mâle
s partent discrètement en éclaireurs, éventuellement très loin, étant capables de parcourir plusieurs dizaines de kilomètres par jour. Puis, tels des colons humains, lorsqu'ils ont jugé une zone assez propice, ils s'en retournent chercher les femelles.


Deux individus suffisent à structurer le système social du loup : un mâle et une femelle. Par leur union et leur installation sur un espace vide de loup : le territoire, la meute est formée. Le mâle reste fidèle à vie à sa compagne. Le couple dominant est le seul à se reproduire. De naissance en naissance, le groupe s'étoffe des jeunes de l'année et de quelques autres loups plus âgés.


La hiérarchie
est fondamentale pour l'espèce, car elle conditionne la survie de l'espèce. Cette hiérarchie est double au sein de la meute, l'une entre femelles, l'autre entre mâles.
L
a dominance d'un loup sur un autre et du couple sur tous se vit en termes de prérogatives. Déplacements, chasse et marquages des territoires sont à leur initiative exclusive. De même (sauf exceptions...), l'accouplement et la reproduction, qui ont lieu une fois par an.


Le hurlement du loup est un chant très connu qui effraye certains êtres humains comme il en émerveille d'autres. Le hurlement (mais aussi l'aboiement, le jappement, le grognement, etc.) est un moyen de communication très élaboré. Chaque loup a son propre hurlement, car il utilise des intonations et des tons différents. Il semblerait que le hurlement ait diverses propriétés. Le couple hurlerait pour rassembler la meute, pour l'exciter avant la chasse. Les loups hurlent pour dissuader d'autres congénères de pénétrer sur leur territoire (avertissement), lorsqu'ils sont inquiets, ou tout simplement pour le plaisir. Le hurlement du loup peut s'entendre à plus de 10 km.


Par natu
re, le loup craint l'espèce humaine. Le loup fuit l'Homme, l'observe à distance. C'est bien pour cela qu'il est très rare de rencontrer un loup dans la nature.

# Posté le lundi 30 mai 2005 10:20

Modifié le samedi 26 mai 2007 09:37

La réputation et les croyances sur le loup

La réputation et les croyances sur le loup
Depuis la nuit des temps, le loup ou son mythe accompagne les hommes. Mal connu et mystérieux, il inspire crainte et respect, incarne le bien et le mal selon les pays, les époques et les croyances.



La peur du loup

Jamais l'homme n'aurait eu peur du loup s'il n'avait changé progressivement, au départ du néolithique, son mode de vie naturel. En tant que chasseur, l'homme prenait le loup en exemple, en s'inspirant de sa structure sociale et de ses techniques de chasse, comme en témoigne les peintures qu'arborent encore les murs de certaines cavernes. Mais lorsqu'il abandonne ses activités de nomade et commence à "s'approprier " des troupeaux et transformer les proies en bétail, l'homme va peu à peu s'éloigner du loup qui devient "nuisible" à son activité. Normal, le loup est un gardien du monde sauvage. Dès lors, il devient un rival à éliminer. Pour ce faire, les plus grandes légitimations et infamies sont déployées. D'où la mauvaise réputation progressive du loup... Puis, la peur! Alors, les caractéristiques biologiques de l'animal ont pris le relais pour accréditer l'idée du danger. Les plus grands hommes s'y sont fait prendre et leurs écrits, non contents d'en témoigner, ont répandu les plus fausses croyances.


Le Moyen Âge en Europe sera, sans conteste, marqué du sceau de l'Église catholique qui répondra toujours présente pour légitimer les violences inhérentes au mode de société qu'elle impose et qui fait sa gloire, sa puissance et sa richesse. Elle invoquera ainsi la Bible pour déclarer que l'homme se doit de dompter la nature. Dès lors, son premier ennemi, qui empêche l'exercice paisible du pastoralisme et la domestication des proies de l'homme, c'est le loup. Elle prendra pour symbole, l'agneau pascal, si doux, et diabolisera, de la même façon, l'animal qui le menace : le loup, incarné par la cruauté, un caractère sanguinaire, un esprit fourbe, malin,... Le loup, c'est l'animal le plus cruel, qui emmène l'animal le plus doux.


Mais ce sont les contes pour enfants tels que le Petit Chaperon Rouge, La chèvre de Monsieur Seguin, Les 3 petits cochons, ou encore Le loup et l'agneau de La Fontaine, qui sont également en partie responsables de sa (mauvaise) réputation, et le loup garde encore aujourd'hui une image terrifiante.



Croyances

Le Dieu du ciel chez les Esquimaux, leur offrit le caribou pour gibier. Puis, il leur envoya l'esprit du loup pour régulariser sa carence. Turcs et Mongols lui donnent un caractère céleste en vénérant le loup bleu. Chez les Iroquois, il fait figure de passeur d'âme.
Le loup est associé à l'image de fertilité en dévoilant la véritable nature de la femme chez les Grecs et les Romains. Les femmes stériles l'invoquent pour procréer, et il stimule la virilité.
Le loup représente la lumière en Chine et en Egypte; dans la mythologie germanique, il est aussi attelé au char solaire de Zeus.
En Italie, le mythe de la fondation de Rome, l'image de la louve nourricière allaitant Romulus et Remus, reste ancré dans l'identité nationale.
Du loup, on retient aussi la gueule. En France, être avalé par le loup n'est pas forcément une horreur: en ressortir, c'est avoir subi une initiation vers la lumière.



Rites et coutumes

"Avoir vu le loup" était signe de maturité chez l'homme, et de sexualité chez la femme, dont la virginité était alors mise en doute.
Vu par le loup, l'homme perdait son humanité (sa voix), et inversement, le loup sa bestialité (son haleine). Le masque de velours noir du carnaval correspondait à l'un de ces jeux de rencontre où il était essentiel de voir avant d'être vu.
En Europe on exorcisait le danger en jouant de la vielle, du violon ou de la cornemuse. Comme on croyait le loup et l'agneau ennemis, on utilisait la peau de l'agneau pour la cornemuse et ses boyaux pour les cordes du violon et de la vielle pour repousser le loup



Aujourd'hui

L'image évolue à la fin du XIXème siècle chez les Anglo-Saxons. Il devient, avec des personnages comme Croc-Blanc, l'animal noble et fier qui meurt sans se plaindre. En France, c'est dans les années 50, avec Marlaguette, de Marie Colmont, que le regard change. Marlaguette se fait attaquer par un loup qui se blesse en la ramenant dans sa tanière. Elle le soigne et ils s'attachent l'un à l'autre. Le loup promet de ne plus jamais manger de viande et dépérit. La fillette le délivre de sa promesse, comprenant que chacun obéit à des lois naturelles. Aujourd'hui, la littérature enfantine est plus dans cette dominante : celle d'une conscience écologique urbaine.


Aujourd'hui les avis sont plutôt partagés : d'un côté le loup est entouré d'une aura de terreur qui commence tout juste à s'estomper : on le dit dangereux parce que prédateur, d'un autre, il est perçu comme une preuve de santé de la nature et suscite désormais beaucoup de curiosité. Le loup a une image positive auprès de 80% des français !

# Posté le lundi 30 mai 2005 10:21

Modifié le samedi 26 mai 2007 09:38

La disparition et le retour du loup en France

Disparition

En France, Charlemagne créa la louveterie afin d'encourager les battues et la destruction des loups. Pendant des siècles, mais surtout à partir du XIXème, le loup a été intensément chassé, empoisonné et piégé.
Au XVIIIème, il était présent sur 90% du territoire français. De 1882 à 1905, 9496 loups furent éliminés : il n'occupait plus que 50% de ce territoire, dont seulement 10% par des populations stables. Ils eurent un sursis grâce aux guerres de 1870 et de 1914. Mais ils disparurent en 1937. D'Angleterre ils avaient disparu dès 1486, d'Ecosse en 1743, d'Irlande en 1776.
Peu d'animaux ont été persécutés par l'homme avec tant d'acharnement.



Retour

Le 5 Novembre 1992, lors d'un comptage de chamois, mouflons et bouquetins dans le parc du Mercantour, des gardes moniteurs et un garde de l'Office National des Forêts aperçoivent aux jumelles deux silhouettes en tout point semblables à des loups qui se détachent sur la neige. L'information nécessitait cependant d'être confirmée avant d'être annoncée officiellement.


Au cours de l'hiver 1992-1993, la récolte d'excréments contenant des poils et des esquilles d'os a révélé la présence permanente de ces canidés sur le terrain. Durant la même période, la découverte de plusieurs carcasses de chamois et mouflons a montré qu'ils étaient à même de chasser et de consommer entièrement des proies sauvages. Toutes ces observations permirent de rejeter l'hypothèse de chiens errants ou de loups nés en captivité et relâchés clandestinement qui auraient eu de la difficulté à survivre à l'hiver en dépendant essentiellement de la capture d'ongulés sauvages.


Combien sont-ils actuellement ? Plus de 120 selon les éleveurs, et tout au plus 55 (dont 39 clairement identifiés) d'après les écologistes et les experts gouvernementaux dans 13 zones.


Toutefois, devant les rumeurs de réintroduction du loup, une enquête génétique avait été ouverte. Un éventuel retour du loup en France n'allait pas sans poser de nombreux problèmes, et diverses polémiques se sont soulevées à son propos : le retour du loup est il naturel ? Y'a-t-il une cohabitation possible entre le loup et l'élevage ? Faut-il le supprimer à nouveau ? Pourquoi y'a-t-il tant de problèmes en France et pas à l'étranger ? Etc.


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La disparition et le retour du loup en France

# Posté le lundi 30 mai 2005 10:28

Modifié le samedi 26 mai 2007 09:25

Réintroduction ou retour naturel ?

Réintroduction ou retour naturel ?
Alors, le retour du loup est-il un phénomène naturel dans les départements de l'arc alpin ? Ou bien est-ce l'effet d'une réintroduction délibérée, artificielle - alors forcément clandestine et passée inaperçue quoique massive, et ayant fait usage de gros moyens ?

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Dans le premier cas, le loup relève de la convention de Berne (1979), qui protège les animaux en voie de disparition, rendant son abattage passible d'une lourde amende assortie d'une peine de prison ferme.
Dans le second cas, il s'agirait d'un nuisible, qu'on aurait le droit de tirer à vue.


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Cependant, toutes les analyses génétiques le démontrent : les loups repérés dans les Alpes françaises et suisses proviendraient de l'expansion tout à fait naturelle et spontanée, de meutes de loups italiens en surnombre dans leur territoire. La découverte dans le Mercantour, au cours de l'hiver 92-93 d'excréments contenant poils et esquilles d'os ainsi que plusieurs carcasses de chamois et mouflons révélaient la présence permanente de loups sur le terrain. Cette capacité à chasser et à consommer entièrement des proies sauvages a ainsi conduit les spécialistes à rejeter l'hypothèse de chiens errants de même que celle de loups élevés en captivité et relâchés clandestinement. En effet, un comportement aussi indispensable que l'acte de survie est plus acquis qu'inné. Or, des loups issus de captivité, habitués à l'homme, habitués à être nourris, n'ont jamais appris la vie en meute ni la pratique de la chasse. Ils auraient donc eu des difficultés à survivre l'hiver en dépendant essentiellement de la capture d'ongulés sauvage.

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En Italie, ils ont toujours été présents et sont protégés depuis 1976. Les loups remontent du centre de l'Italie vers le nord (Gênes en 1985) et descendent vers le sud en suivant les montagnes sauvages des Apennins. La répartition actuelle s'étend de la frontière franco-italienne jusqu'à la Calabre dans le sud de l'Italie. Ils ont franchi nos frontières pour arriver dans un territoire jouxtant les massifs italiens: le Mercantour.
La nature préservée, les ressources importantes en ongulés sauvages et la tranquillité de la montagne ont sans doute favorisé le retour naturel du loup.
Le loup s'adapte à presque tous les milieux, pour peu qu'il y trouve nourriture et tranquillité. Il est toujours présent en faible densité. Dans le Mercantour, leur territoire actuel s'étage de 1000 à 2200 m d'altitude.
Le fait que certains loups, une fois adultes, se déplacent pour coloniser de nouveaux territoires explique la progression des loups italiens vers le nord et le sud de l'Italie et en France. C'est aussi pourquoi il est probable que les loups présents dans le Mercantour recolonisent une partie de l'arc alpin au cours des années à venir et se dirigent vers la Suisse.


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Alors, toutes les évolutions de la nature auxquelles nous assistons ne sont donc pas négatives : ce retour du loup est aussi la preuve que notre pays abrite encore des écosystèmes suffisamment riches et suffisamment équilibrés pour accueillir un prédateur tel que le loup.

# Posté le lundi 30 mai 2005 10:36

Modifié le samedi 26 mai 2007 09:25

La disparition et le retour du loup en France

Cohabitation loup-élevage
Disparition

En France, Charlemagne créa la louveterie afin d'encourager les battues et la destruction des loups. Pendant des siècles, mais surtout à partir du XIXème, le loup a été intensément chassé, empoisonné et piégé.
Au XVIIIème, il était présent sur 90% du territoire français. De 1882 à 1905, 9496 loups furent éliminés : il n'occupait plus que 50% de ce territoire, dont seulement 10% par des populations stables. Ils eurent un sursis grâce aux guerres de 1870 et de 1914. Mais ils disparurent en 1937. D'Angleterre ils avaient disparu dès 1486, d'Ecosse en 1743, d'Irlande en 1776.
Peu d'animaux ont été persécutés par l'homme avec tant d'acharnement.



Retour

Le 5 Novembre 1992, lors d'un comptage de chamois, mouflons et bouquetins dans le parc du Mercantour, des gardes moniteurs et un garde de l'Office National des Forêts aperçoivent aux jumelles deux silhouettes en tout point semblables à des loups qui se détachent sur la neige. L'information nécessitait cependant d'être confirmée avant d'être annoncée officiellement.


Au cours de l'hiver 1992-1993, la récolte d'excréments contenant des poils et des esquilles d'os a révélé la présence permanente de ces canidés sur le terrain. Durant la même période, la découverte de plusieurs carcasses de chamois et mouflons a montré qu'ils étaient à même de chasser et de consommer entièrement des proies sauvages. Toutes ces observations permirent de rejeter l'hypothèse de chiens errants ou de loups nés en captivité et relâchés clandestinement qui auraient eu de la difficulté à survivre à l'hiver en dépendant essentiellement de la capture d'ongulés sauvages.


Combien sont-ils actuellement ? Plus de 120 selon les éleveurs, et tout au plus 55 (dont 39 clairement identifiés) d'après les écologistes et les experts gouvernementaux dans 13 zones.


Toutefois, devant les rumeurs de réintroduction du loup, une enquête génétique avait été ouverte. Un éventuel retour du loup en France n'allait pas sans poser de nombreux problèmes, et diverses polémiques se sont soulevées à son propos : le retour du loup est il naturel ? Y'a-t-il une cohabitation possible entre le loup et l'élevage ? Faut-il le supprimer à nouveau ? Pourquoi y'a-t-il tant de problèmes en France et pas à l'étranger ? Etc.


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# Posté le lundi 30 mai 2005 10:38

Modifié le samedi 26 mai 2007 09:25